L'inhalation de vapeurs de toluène peut affecter le système nerveux central (SNC). À une concentration approximative de 50 ppm, on a signalé une légère somnolence et des maux de tête. De 50 à 100 ppm, on a observé une irritation du nez, de la gorge et des voies respiratoires. Les concentrations de 100 ppm environ entraînent une grande fatigue et des étourdissements tandis que les symptômes relevés à une concentration de plus de 200 ppm sont semblables à ceux de l'ivresse, l'engourdissement et les nausées légères. En présence de concentrations supérieures à 500 ppm, la confusion mentale et le manque de coordination apparaissent. Les concentrations plus élevées (10 000 ppm, selon les estimations) peuvent causer la perte de conscience et le décès. La plupart des expositions graves ont eu lieu dans des endroits clos où il y avait une accumulation des vapeurs.
Certaines études ont permis d'observer que des expositions relativement importantes (dépassant largement les limites d'exposition prescrites) ont eu une incidence sur les fonctions neurologiques (par exemple, une moindre performance et un temps de réaction accru lors de l'exécution de tâches complexes).
L'examen des études portant sur les effets de l'exposition au toluène et la vision des couleurs mène à conclure qu'une exposition de courte durée au toluène n'a pas d'effet sur la perception de la couleur, même dans le cas d'expositions relativement importantes.
Dans deux cas d'exposition professionnelle aiguë, aucun trouble sanguin ni aucune lésion rénale ou hépatique n'ont été observés. Les rapports antérieurs signalant des effets sur le système sanguin attribuables au toluène sont très probablement dus à une contamination par le benzène. Il est bien établi que le benzène est toxique pour le sang. Des effets sur le foie et les reins, ainsi que des troubles cardiaques, ont été signalés dans des cas d'abus de solvants (reniflement de colle). Une exposition professionnelle importante dans une fabrique de peintures a entraîné une insuffisance rénale réversible.
Le toluène est un irritant cutané modéré, selon les données recueillies lors d'études expérimentales chez l'animal. Un contact prolongé peut causer une dermatite (peau sèche, rougeur). L'absorption de toluène par contact cutané peut contribuer de façon importante à l'exposition globale, bien qu'aucun rapport n'ait signalé d'effets nocifs pour la peau à la suite d'une absorption par cette voie.
Le toluène est un irritant cutané très léger, selon les conclusions des études expérimentales chez l'animal. Une exposition très courte (de 3 à 5 minutes) aux vapeurs cause une légère irritation oculaire à 300 ppm. Une plus longue exposition (de 6 à 7 heures) à une concentration supérieure à 100 ou 150 ppm provoque aussi une légère irritation.
Certains exposés de cas d'ingestion accidentelle de toluène ont rapporté une grave dépression du système nerveux central (SNC) et un décès. Le toluène est rapidement absorbé après l'ingestion, ce qui entraîne les symptômes décrits sous la question traitant de l'inhalation. Le toluène peut être absorbé par aspiration, c'est-à-dire inhalé dans les poumons durant l'ingestion ou le vomissement. L'aspiration peut entraîner une irritation pulmonaire grave, des lésions pulmonaires et le décès. Un exposé de cas signale que l'ingestion de 60 mL de toluène (2 onces) environ a entraîné le décès d'un adulte en moins de 30 minutes. D'après les auteurs, la cause probable du décès est la dépression du SNC. Il est cependant possible que le toluène ait été aspiré et que le décès soit attribuable à cette inhalation.
EFFETS CUTANÉS : Vu l'action dégraissante (délipidation) de ce solvant, le contact répété ou prolongé peut causer une dermatite (rougeur, picotements et sécheresse de la peau).
EFFETS SUR LE SYSTÈME NERVEUX : Les nombreuses études réalisées chez des imprimeurs de rotogravure, des peintres et des fabricants de tissus enduits de caoutchouc exposés de façon prolongée au toluène ne permettent pas de tirer de conclusions quant à ses éventuels effets sur le SNC. La plupart des études ne renferment pas de données valables sur l'exposition, la consommation d'alcool constituant souvent un facteur contributif et les tests neurologiques recommandés par l'Organisation mondiale de la Santé étant presque toujours omis. Certaines études signalent des modifications comme la perte de mémoire, des troubles du sommeil, la perte de la capacité de concentration ou l'incoordination; d'autres ne rapportent aucun effet. Lors d'études récentes, le comportement neurologique a fait l'objet de tests sensibles montrant des résultats moindres chez les travailleurs exposés. Toutefois, on ne peut établir clairement si ces résultats sont la conséquence ou non d'atteintes au SNC. D'autres études n'ont relevé aucune modification des mesures visant les fonctions neurologiques chez les travailleurs exposés à long terme au toluène.
EFFETS SUR LA VUE : L'examen de nombreuses études traitant du toluène et de ses effets sur la vision des couleurs a permis de constater qu'on ne disposait pas de données concluantes relativement à une déficience persistante de la vision des couleurs à la suite d'une exposition de longue durée au toluène.
EFFETS SUR L'OUÏE : Les renseignements limités dont on dispose à ce sujet ne nous permettent pas de tirer des conclusions solides. Une perte auditive a été observée chez les travailleurs au cours de certaines études à la suite d'une exposition de longue durée au toluène et au bruit, ainsi que chez les animaux exposés à des concentrations très élevées de toluène.
EFFETS SUR LES REINS : Aucun effet ne devrait être observé sur les fonctions rénales, sauf dans le cas d'expositions très importantes. Les études de groupes de travailleurs exposés pendant de longues périodes à des concentrations atteignant 200 ppm n'ont montré aucun indice évident de lésions rénales. La plupart des études qui signalent des lésions rénales chez l'humain exposé de façon prolongée à de fortes concentrations de toluène ont décelé un abus de solvants (p. ex. reniflement de colle). Ces conditions extrêmes ne se rapportent pas à des expositions professionnelles.
EFFETS SUR LE SYSTÈME SANGUIN : Les études les plus récentes ne montrent aucun effet constant sur le système sanguin à la suite d'une exposition à long terme au toluène. Les effets observés chez les travailleurs avant les années 1950 sont attribués à une exposition au benzène, contaminant présent dans le toluène à cette époque.
EFFETS SUR LE FOIE : Aucun effet ne devrait être observé sur le foie, sauf dans le cas d'expositions très importantes. Nous disposons de quelques données portant à conclure que des lésions au foie diagnostiquées chez des travailleurs sont attribuables à leur exposition à des concentrations pouvant atteindre 500 ppm de toluène ou à un abus prolongé de solvants (p. ex. reniflement de colle). Certaines études indiquent qu'une exposition de longue durée à des concentrations des 30 à 350 ppm peut causer une augmentation des niveaux d'enzyme dans le foie, indicateur précoce de lésions au foie. Les effets sur le foie ont été relevés uniquement par les études expérimentales chez l'animal à la suite d'une inhalation de longue durée et d'une exposition par ingestion de concentrations relativement élevées de toluène.
Le toluène n'est pas considéré cancérogène.
De nombreuses études au sein de la population humaine ont tenté de cerner une éventuelle relation entre une exposition au toluène et l'apparition du cancer. Aucune étude n'a pu établir un lien significatif entre la plupart des types de cancers et l'exposition au toluène. La mortalité à la suite d'un cancer de l'estomac, les taux de cancer des poumons et les cancers colono-rectaux étaient élevés selon certaines études, mais ne l'étaient pas selon certaines autres. Comme la plupart des études portaient sur des expositions multiples et que les résultats n'étaient pas uniformes, on ne peut conclure que l'exposition au toluène est associée au cancer chez l'humain. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a conclu qu'il n'y a pas suffisamment de données pour établir la cancérogénicité du toluène chez l'humain. Une étude expérimentale menée avec soin a conclu que le toluène n'a pas causé de tumeurs chez les rats et les souris exposés par inhalation.
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a conclu qu'il n'est pas possible de classer le toluène quant à sa cancérogénicité chez l'humain (Groupe 3).
La American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH) a indiqué que le toluène ne peut être classifié cancérogène pour l'homme. (A4).
Le National Toxicology Program (NTP) des États-Unis ne mentionne pas ce produit chimique dans son rapport sur les cancérogènes.
Le toluène n'est pas considéré comme un produit posant un risque pour l'appareil reproducteur. Aucune conclusion ne peut être tirée à la lumière des renseignements dont on dispose concernant l'humain. Aucun effet sur la reproduction n'a été observé jusqu'à maintenant au cours des études expérimentales chez l'animal.
Un rapport d'étude des caractéristiques du toluène et de sa propension à la toxicité pour la reproduction chez les travailleurs a été publié. Trois études transversales ont examiné la fertilité de femmes exposées au toluène ou d'épouses de travailleurs exposés. Aucune conclusion ne peut être tirée de ces études en raison de contraintes telles que le biais de sélection, le biais de rappel et le fait que les travailleurs ont été exposés à d'autres produits chimiques pouvant se révéler dangereux. Une autre expérience semble indiquer que les menstruations ne sont pas affectées par l'exposition au toluène.
Le toluène pose un risque de toxicité pendant le développement, selon les renseignements recueillis au cours d'études expérimentales chez l'animal. Une fœtotoxicité (poids fœtal réduit), des effets comportementaux (effets sut la faculté d'apprentissage et la mémoire) et une perte auditive (chez les hommes) ont été observés chez la descendance des rats exposés par inhalation à des concentrations de 1200 à 1800 ppm de toluène, malgré l'absence de toxicité maternelle.
Un rapport d'étude détaillé des caractéristiques du toluène et de sa propension à la tératogénicité/l'embryotoxicité lors d'expositions professionnelles a été publié. Ce rapport mène à la conclusion que peu d'études expérimentales se sont penchées spécifiquement sur l'exposition au toluène, malgré le nombre élevé d'études réalisées en milieu de travail dans le but d'évaluer les effets de l'exposition aux solvants en général et ses conséquences sur la grossesse. La plupart de ces études ont traité davantage de l'exposition aux solvants en général et à certaines classes de solvants, l'exposition au toluène étant étudiée sous l'angle d'une exposition à de multiples produits ou d'une exposition commune dans un sous-groupe d'expositions. Les conséquences préoccupantes regroupaient les avortements spontanés et la tératogénicité (malformations de l'embryon ou du fœtus).
Des préoccupations concernant la tératogénicité éventuelle du toluène chez l'humain ont également été soulevées en raison des effets (aberration faciale, croissance limitée, retard neurologique, problèmes rénaux/urinaires) observés à la suite d'abus de solvants (reniflement de colle). Ces expositions extrêmes au toluène, qui sont accompagnées de facteurs de confusion comme l'abus de tabac et d'alcool, ne sont pas pertinentes dans l'évaluation des situations professionnelles.
L'exposition combinée au toluène et au bruit, au toluène et au n-hexane, au toluène et à l'aspirine (acide 2-[acétoxy]benzoïque), de même qu'à l'éthylbenzène et au bruit a entraîné une perte auditive synergique lors d'études expérimentales chez l'animal. Une perte auditive accrue a aussi été observée chez les travailleurs au cours d'études mesurant les effets d'une exposition à long terme au toluène et au bruit.
Le toluène est absorbé rapidement par inhalation, par ingestion et par contact cutané.
Le toluène inhalé migre rapidement dans les tissus gras du cerveau (lipides) où il est éliminé en peu de temps. La demi-vie dans les tissus adipeux humains est de 0,5 à 2,7 jours. Le toluène est éliminé rapidement du sang. Il est métabolisé dans le foie où il subit une conversion en plusieurs étapes qui le transforme en grande partie en acide (benzoylamino)acétique, qui est excrété dans l'urine. Une petite quantité de toluène est aussi exhalée tel quel. Du toluène a également été décelé dans le lait maternel.
Dernière mise à jour du document le 5 décembre 2008
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