En général, l'exposition de courte durée à des concentrations élevées de poussières peut causer la toux et une légère irritation passagère. Aucune information portant précisément sur le quartz n'a été recueillie ni chez les animaux, ni chez l'humain. L'inhalation de quartz pendant une longue période (un an ou plus) peut avoir des effets possiblement graves sur le système respiratoire. Voir ci-après la section intitulée « Quels sont les effets à long terme de l'exposition à la silice quartzeuse? ».
De manière générale, on considère que la poussière de silice quartzeuse n'est pas un irritant pour la peau. Cependant, à la suite de blessures, on a observé des réactions à la présence d'un corps étranger (formation de granulomes) quand la silice cristalline avait pénétré accidentellement sous la peau. Les effets sont souvent retardés d'une période qui peut varier de quelques semaines à plus de 50 ans.
En général, la poussière de silice quartzeuse ne devrait pas irriter l'œil davantage que tout autre corps étranger. L'évacuation de la matière solide de l'œil peut probablement causer un larmoiement, des clignements d'yeux et des douleurs légères et passagères. Un cas non confirmé signale des concentrations anormalement élevées de silicium dans la cornée chez des travailleurs de fonderie atteints de silicose et dont la vue était altérée par des taies. Aucune information n'a été recueillie chez les animaux.
L'ingestion de silice quartzeuse pendant une courte durée n'est probablement pas toxique. Aucune information n'a été recueillie ni chez les animaux, ni chez l'humain. L'ingestion n'est pas une voie pertinente d'exposition par le travail.
EFFETS PAR INHALATION : L'exposition prolongée ou répétée à des poussières atmosphériques fines de silice cristalline peut causer des lésions pulmonaires graves, une maladie connue sous le nom de silicose. Le risque de contracter la silicose et sa gravité dépendent de la teneur atmosphérique en particules de poussières de silice de dimensions inhalables à laquelle un travailleur est exposé et de la durée de l'exposition. La silicose se développe habituellement de façon graduelle sur une période d'exposition de 20 ans au moins. On considère que les particules dont le diamètre est inférieur à 1 micromètre et les particules fraîchement clivées (par exemple, celles produites par sablage au jet) sont les plus dangereuses. Plusieurs études sérieuses mentionnent des cas de silicose chez des travailleurs exposés à des concentrations de quartz inhalable largement inférieures à 1 mg/m3.
Comme les premiers symptômes de la silicose (toux, production de mucosités et essoufflement lors d'un effort) ne sont pas particuliers à cette maladie, son développement peut passer inaperçu jusqu'à un stade avancé. La silicose peut même progresser après l'interruption de l'exposition à la silice cristalline. Les radiographies permettent normalement d'identifier la silicose.
La gravité de la silicose peut aller du cas bénin au cas grave. Dans les cas de silicose bénigne, on n'observe habituellement pas d'insuffisance respiratoire, bien que les radiographies révèlent des lésions pulmonaires. Dans les cas graves, il y a apparition progressive d'une insuffisance respiratoire importante et de plus en plus grave. Il n'existe pas de traitement efficace éprouvé pour cette maladie. L'espérance de vie peut être réduite en fonction de la gravité du cas. Normalement, la mort n'est pas une conséquence directe de la silicose, mais l'insuffisance cardiaque (coeur pulmonaire) peut survenir lorsque le coeur a de plus en plus de difficulté à pomper le sang dans les tissus cicatriciels des poumons. La silicose peut se compliquer de l'apparition d'infections bactériennes comme la tuberculose.
La silicose « accélérée » résulte de l'exposition à des concentrations élevées de silice cristalline pendant une période de 5 à 10 ans. La maladie progresse même après arrêt de l'exposition; elle est souvent associée à des maladies auto-immunes, par exemple, la sclérodermie (une maladie cutanée caractérisée par un durcissement de la peau).
La silicose « aiguë » (aussi connue sous le nom de « protéinose alvéolaire silicotique ») se produit rarement chez l'humain, mais elle peut se développer par suite de l'inhalation de concentrations très élevées de poussières de silice cristalline pendant une période relativement courte (1-2 ans); elle a été observée chez des travailleurs affectés à des travaux de sablage au jet et de percement de tunnels avec limitation minimale de l'exposition. La silicose aiguë peut souvent se compliquer de tuberculose et entraîner la mort en quelques années.
L'inhalation de quartz a aussi été associée à un certain nombre d'autres effets nocifs moins bien définis -- entre autres, aux reins (glomérulonéphrite), au foie et à la rate – ainsi qu'à des troubles du système immunitaire (sclérose évolutive généralisée, sclérodermie ou polyarthrite rhumatoïde).
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a conclu que, en milieu de travail, la silice cristalline sous forme de quartz ou de cristobalite, qui était autrefois classée comme cancérogène probable pour l'humain (groupe 2A), devrait maintenant l'être comme cancérogène pour l'humain (groupe 1). On est parvenu à cette conclusion en se basant sur un nombre relativement élevé d'études chez les humains dont les résultats combinés établissent de manière satisfaisante la cancérogénicité de la silice cristalline inhalée chez l'humain. Un bon nombre de ces études (mais pas toutes) signalent une augmentation des risques de cancer du poumon qui ne peut être attribuée à d'autres facteurs. Les revues récentes tendent à conclure que la limitation de l'exposition pour prévenir la silicose peut probablement aussi prévenir le cancer. Le risque d'apparition de la silicose dépend de la teneur atmosphérique en silice cristalline, de la taille des particules et de la durée de l'exposition.
D'après le National Toxicology Program (NTP) des États-Unis, la silice cristalline (de dimensions inhalables) est une substance qu'on pourrait raisonnablement considérer comme un cancérogène. L'American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH) n'a pas attribué de cote de cancérogénicité à la silice cristalline.
Aucune information n'a été recueillie ni chez l'humain, ni chez les animaux.
Aucune information n'a été recueillie ni chez l'humain, ni chez les animaux.
Il existe un désaccord quant au rôle joué ou non par la fumée de tabac sur l'accroissement de la gravité des effets des poussières de silice sur l'insuffisance respiratoire. L'exposition simultanée à des cancérogènes connus – par exemple, le benzo[a]pyrène – peut faire augmenter la cancérogénicité de la silice cristalline. Il est aussi vraisemblable que, du point de vue des risques de cancer du poumon, il existe un effet de synergie entre le tabagisme et la silice cristalline et/ou la silicose.
Les poussières de quartz peuvent s'accumuler dans le poumons. Les particules inhalées se déposent en divers points des voies respiratoires en fonction de leur forme, de leur masse, de leurs propriétés aérodynamiques et d'autres propriétés physiques. La majorité de la silice (mais pas toute) est éliminée des poumons où elle s'est déposée après l'inhalation. L'élimination des particules de quartz se poursuit pendant de nombreuses années après la dernière exposition. La silice n'est que légèrement absorbée par l'organisme. La silice absorbée se dépose surtout dans le foie, la rate et les ganglions lymphatiques régionaux. L'acide silicique absorbé dans le courant sanguin est excrété par les reins.
Dernière mise à jour du document le 22 décembre 1997
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