Le gaz ammoniac est un puissant irritant des voies respiratoires. On peut le sentir à des concentrations allant de 0,6 à 53 ppm. Des volontaires exposés pendant des périodes allant de 2 à 6 heures à une concentration de seulement 24 ppm ont d'abord ressenti une irritation du nez et de la gorge. Une exposition de 10 minutes à une concentration de 30 ppm était considérée comme légèrement irritante par 2 volontaires sur 6, alors que 4 volontaires sur 6 considéraient qu'une exposition à une concentration de 50 ppm était modérément irritante. Après une exposition de 5 minutes à une concentration de 72 ppm, 5 volontaires sur 10 ont ressenti une irritation du nez et de la gorge. À une concentration de 134 ppm, ce sont 10 volontaires sur 10 qui l'ont ressenti. Une concentration de 500 ppm provoque une irritation immédiate et grave du nez et de la gorge. Une brève exposition à une concentration supérieure à 1500 ppm peut provoquer un oedème pulmonaire (accumulation de fluide dans les poumons qui peut être létale). L'apparition des symptômes d'oedème pulmonaire (oppression et difficulté à respirer) peut prendre de 1 à 24 heures. De nombreux cas d'exposition létale à l'ammoniac ont été signalés, mais les niveaux d'exposition réels ne sont pas bien documentés. Si la victime survit, un rétablissement complet peut être observé si les lésions à l'appareil respiratoire et aux poumons ne sont pas trop graves. Toutefois, on a noté des troubles à long terme de l'appareil respiratoire et des poumons après de brèves expositions à d'importantes concentrations d'ammoniac.
Les personnes exposées à répétition à de l'ammoniac peuvent développer une tolérance (ou acclimatation) aux effets irritants après quelques semaines. Cette tolérance a pour conséquence que des niveaux d'exposition plus importants sont nécessaires pour produire des effets similaires à ceux observés préalablement à des concentrations plus faibles.
Des concentrations atmosphériques importantes d'ammoniac se dissolvent dans l'humidité présente sur la peau et forment de l'hydroxyde d'ammonium, un produit corrosif. À une concentration de 10 000 ppm, l'ammoniac est légèrement irritant pour la peau humide. À 20 000 ppm, les effets sont plus prononcés et une concentration de 30 000 ppm peut provoquer des brûlures chimiques accompagnées de cloques. Ces niveaux d'exposition seraient toutefois presque certainement létaux à cause des effets sur la santé provoqués par leur inhalation.
Un contact direct avec du gaz liquéfié peut provoquer des engelures et des brûlures par corrosion. Les symptômes associés à de légères engelures sont, entre autres, l'engourdissement et des picotements et des démangeaisons dans les zones affectées. Parmi les symptômes associés à des engelures plus graves, on retrouve une sensation de brûlure et une raideur des zones affectées. La peau peut devenir blanche ou jaune cireuse. Dans les cas graves, des cloques, une nécrose ou la gangrène peuvent aussi se développer. On a rapporté des brûlures cutanées par corrosion lors d'un contact direct avec un jet d'ammoniac liquéfié. Celles-ci peuvent laisser des cicatrices permanentes sur la peau.
Des volontaires exposés à une concentration de 50 ppm pendant 5 minutes n'ont rapporté aucun effet irritant; par contre, à 72 ppm, quelques personnes ont signalé de l'irritation, Une concentration de 134 ppm est irritante et provoque le larmoiement. À 700 ppm, l'irritation est immédiate et grave.
Le contact direct avec du gaz liquéfié peut provoquer des engelures et des lésions oculaires par corrosion, qui peuvent entraîner des lésions permanentes ou la cécité. On a rapporté des lésions graves et permanentes aux yeux, y compris une perte presque complète de la vision, après un contact direct avec du gaz ammoniac liquéfié.
Pour les gaz, l'ingestion n'est pas une voie d'exposition pertinente.
EFFETS PAR VOIE D'INHALATION : En dépit de leurs limites de conception, les quelques études réalisées sur des populations humaines n'ont montré aucun effet significatif sur l'appareil respiratoire de travailleurs exposés sur une longue période à de l'ammoniac. Aucune différence significative n'a pu être démontrée entre les fonctions respiratoires de travailleurs exposés à une concentration de 9,2 ppm d'ammoniac pendant une période moyenne de 12,2 années et celles de témoins exposés à de très faibles niveaux (moins de 1 ppm). Aucune conclusion ne peut être tirée d'un rapport de cas décrivant des lésions pulmonaires chez une personne exposée pendant longtemps, car cette personne était un fumeur de longue date. Les personnes exposées à répétition peuvent développer une tolérance (acclimatation) aux effets irritants de l'ammoniac après quelques semaines.
SENSIBILISATION CUTANÉE : Les détails relatifs à deux cas d'urticaire signalés chez des travailleurs exposés à de l'ammoniac sont insuffisants pour permettre une évaluation. Dans chacun de ces cas, les antécédents allergiques ne sont pas fournis et aucune sensibilité allergique n'a été confirmée par un test épicutané.
SENSIBILISATION RESPIRATOIRE : Dans un cas, on a rapporté qu'une sensibilité respiratoire accrue à l'ammoniac, à la poussière inerte de jaune d'or et à l'air froid s'est développée chez un travailleur de l'industrie chimique à la suite d'un rhume. Il est improbable que ce cas puisse représenter un cas réel de sensibilité respiratoire.
On ne dispose d'aucune preuve crédible de cancérogénicité de l'ammoniac. Très peu de données ont été recueillies chez l'humain. On a signalé une augmentation des cancers des poumons, de l'estomac, des voies urinaires et des glandes lymphatiques chez des travailleurs de deux usines d'ammoniac. Toutefois, cette étude présentait des lacunes dans sa réalisation et l'analyse des données obtenues. Un cas isolé de cancer nasal a été signalé chez une personne exposée à un mélange ammoniac/huile. Aucune conclusion ne peut être tirée d'une étude chez les animaux, car sa réalisation laisse à désirer.
Aucune donnée n'a été recueillie, ni chez les animaux, ni chez l'humain.
Aucune donnée n'a été recueillie, ni chez les animaux, ni chez l'humain.
Aucune information n'est disponible.
L'ammoniac ne s'accumule pas dans l'organisme. C'est un constituant normal du corps qui est présent dans tous les tissus participant au pool métabolique. C'est un sousproduit du métabolisme des protéines et des acides nucléiques et un élément mineur du régime alimentaire. L'azote de l'ammoniac est incorporé dans les acides aminés, les protéines et les acides nucléiques de l'organisme. L'ammoniac peut être excrété dans l'urine, principalement sous forme d'urée et de sels d'ammonium et, à un degré moindre, sous forme d'ammoniac libre. Les glandes sudoripares en élimine aussi une certaine partie. L'excrétion par les voies respiratoires et dans les selles n'est pas significative.
Dernière mise à jour du document le 22 octobre 1998
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