Lors d'une étude, des volontaires exposés à des concentrations allant jusqu'à 500 ppm n'ont signalé aucun effet nocif. Dans d'autres études, une légère irritation du nez et de la gorge est signalée à des concentrations de 300-500 ppm environ. L'exposition à une concentration de 250 ppm pendant 4 heures a de légers effets sur le comportement (épreuve de discrimination auditive et d'altération de l'humeur). Au fur et à mesure que les concentrations s'approchent de 1000 ppm, une irritation notable survient et certaines personnes signalent des maux de tête, des vertiges et de la fatigue. L'inhalation de concentrations supérieures à 2000 ppm peut provoquer des étourdissements, une sensation d'ivresse, de la somnolence, des nausées et des vomissements. L'exposition à une concentration extrêmement élevée (plus de 10 000 ppm) peut provoquer une perte de conscience. Des concentrations encore plus élevées peuvent causer un effondrement, le coma et le décès. Les personnes peuvent développer une tolérance aux effets de l'acétone. La tolérance est, avec la répétition de l'exposition, un accroissement des concentrations nécessaires pour produire des symptômes qui étaient observés auparavant à des concentrations plus faibles.
Un rapport décrit le cas de deux hommes travaillant dans un espace clos renfermant de très fortes concentrations d'acétone (concentration de 12 000 ppm mesurée 3 heures après l'accident). De faibles concentrations (jusqu'à 50 ppm) de trichloroéthane furent aussi décelées. Après avoir travaillé dans ces conditions durant 4 heures, les travailleurs ressentirent une irritation de la gorge, des maux de tête, une faiblesse dans les jambes et une sensation d'ivresse. Les hommes quittèrent alors les lieux pour 1 heure. À leur retour, l'un des deux s'effondra et l'autre se sentit faible. Des sauveteurs exposés pendant de 2 à 3 minutes ressentirent les mêmes symptômes que les deux travailleurs. Le travailleur qui s'était évanoui reprit conscience peu après, mais il était confus, somnolent et chancelant et il fut pris de nausées et se mit à vomir. À ce moment, le deuxième travailleur avait lui aussi perdu conscience et il vomissait. Les deux hommes ont récupéré complètement.
Un seul rapport de cas semble indiquer des lésions hépatiques et rénales légères après une exposition à de fortes concentrations d'acétone. Toutefois, les détails fournis dans ce rapport sont insuffisants pour permettre de tirer des conclusions.
D'après l'information recueillie chez les animaux et l'humain (cette dernière est limitée), l'acétone est soit un irritant léger, soit non irritant. L'exposition de six volontaires mâles pendant 30 à 90 minutes à 1 mL d'acétone dans un petit tube en verre n'a entraîné qu'une tuméfaction et une rougeur légères après 90 minutes.
Le risque de ressentir des effets sur la santé à la suite de l'absorption d'acétone à travers la peau intacte est très faible. Plusieurs cas ont été signalés de personnes – habituellement de jeunes enfants – ayant ressenti un malaise à la suite d'une exposition cutanée à l'acétone pendant la pose d'un plâtre léger sur un membre cassé. Les symptômes démontrés étaient semblables à ceux décrits après l'exposition à de fortes concentrations par inhalation. Dans tous les cas, une grande quantité d'acétone était venue en contact avec la peau pendant plusieurs heures et il pouvait y avoir eu aussi inhalation. Ces rapports ne sont pas jugés pertinents pour les personnes exposées à l'acétone par leur travail.
Une concentration d'environ 500 ppm de vapeurs d'acétone cause une légère irritation. À 1000 ppm, l'irritation est très perceptible. D'après l'information recueillie chez les animaux et l'humain (cette dernière est limitée), l'acétone liquide est un irritant grave. Chez trois humains, l'acétone a entraîné des lésions cornéennes, qui ont guéri complètement en 48 heures. Dans un cas, fait inhabituel, de l'acétone liquide est demeurée directement en contact avec l'œil pendant longtemps. Dans ces conditions, l'œil a subi des lésions permanentes, y compris une opacification de la cornée.
L'ingestion n'est pas une voie typique de l'exposition par le travail. Plusieurs étude ne signalent aucun effet sinon des effets mineurs (légère somnolence) chez des personnes ayant ingéré jusqu'à 20 grammes d'acétone par jour pendant plusieurs jours. D'après les résultats d'études réalisées chez des animaux, l'acétone n'a qu'une faible toxicité par ingestion. Si l'acétone est aspirée (c'est-à-dire attirée dans les poumons durant l'ingestion ou la régurgitation), elle peut causer des lésions graves, voire létales. L'information recueillie chez les animaux semble indiquer que l'acétone serait difficilement aspirée, car elle s'évapore si rapidement. Toutefois, vu ses propriétés physiques, l'acétone peut être aspirées dans les poumons durant l'ingestion ou la régurgitation.
Un rapport signale le cas d'un homme ayant bu 200 mL d'acétone (environ 7 onces) intentionnellement. En moins d'une heure, il avait les joues rouges et il semblait saoul. Sa respiration était courte et sa gorge, rouge et enflée. Il tomba rapidement dans le coma et ne reprit conscience qu'après 12 heures. Après quatre semaines, il avait développé des symptômes analogues à ceux du diabète (augmentation de la fréquence des mictions, de la soif et du taux de sucre dans le sang). Cinq mois après l'incident, le patient avait récupéré entièrement.
EFFETS CUTANÉS : Le contact prolongé ou répété peut causer un dessèchement de la peau et une dermatite (sécheresse, irritation, rougeur et fissuration de la peau).
EFFETS PAR INHALATION : La plupart des études sur les population humaines montrent que l'exposition à long terme à l'acétone n'aurait pas d'effets importants sur la santé. Lors d'une série d'études, aucune différence statistique ne fut observée dans la cause des décès et les résultats de laboratoire clinique chez 948 employés exposés pendant 23 ans à des concentrations d'acétone allant jusqu'à 1070 ppm. Une autre étude faisant la revue de 18 années d'expériences industrielles réalisées chez des employés d'une installation de production d'acétate de cellulose n'a montré aucune augmentation de l'incidence des maladies. Une autre étude réalisée chez 60 employés ayant travaillé durant au moins 5 ans dans l'industrie de la fabrication de fibres d'acétate (exposition à 550-1050 ppm) n'a démontré aucun changement significatif des données biologiques.
Aucune conclusion ne peut être tirée des autres rapports décrivant les effets d'une exposition à long terme à l'acétone. Ces rapports sont limités par certains facteurs comme le petit nombre de travailleurs étudiés, le fait que l'exposition à d'autres substances peut avoir contribué aux effets, voire les avoir causés, et/ou un biais dû à l'auto-évaluation. Lors d'une étude, 110 hommes furent exposés à une concentration moyenne d'acétone de 361 ppm pendant 14,9 années en moyenne. Comparativement aux membres d'un groupe témoin non exposés à l'acétone, ces hommes signalaient davantage de lourdeur de tête, de nausées, de lipothymie, de pertes de poids et d'irritation oculaire. De plus, ils ne réussissaient pas aussi bien à des tests du comportement neurologique (épreuves du temps de réaction et test de mémorisation des chiffres). Quelques rapports d'antécédents décrivent aussi certains effets de l'exposition à long terme comme l'irritation des voies respiratoires, de la gorge et de l'estomac et, à l'occasion, des étourdissements, des vertiges et une perte de force.
Aucune information n'a été recueillie chez l'humain à ce sujet. L'information trouvée chez les animaux semble indiquer que l'acétone n'est pas cancérogène.
Aucune conclusion certaine ne peut être tirée. L'étude de 25 hommes exposés à l'acétone et au styrène durant la fabrication de plastiques renforcés montre, par rapport au groupe témoin, une augmentation du pourcentage des spermatozoïdes dont la tête avait une forme anormale. L'étude de 891 femmes travaillant ou ayant travaillé dans l'industrie des semi-conducteurs a montré une augmentation des risques de fausse couche chez ces travailleuses. Sept produits chimiques, dont l'acétone, ont été fortement associés à l'augmentation des risques de fausse couche. Aucune conclusion ne peut être tirée de ces deux études, vu certains facteurs comme le petit nombre de travailleurs étudiés et l'exposition concomitante à d'autres produits chimiques possiblement nocifs. Il n'existe pas suffisamment d'information pour justifier l'évaluation faite dans une étude réalisée en Russie qui signale une augmentation des complications durant la grossesse et la réduction du poids à la naissance chez les enfants de mères exposées à l'acétone. Une étude chez les animaux a montré des effets sur les spermatozoïdes en même temps que des lésions rénales.
Aucune information à ce sujet chez l'humain. L'information recueillie chez les animaux semble indiquer que l'acétone n'a de tels effets qu'en cas de toxicité pour la mère.
L'acétone augmente la toxicité pour le foie de produits chimiques tels que le tétrachlorure de carbone, le chloroforme, le trichloroéthylène, le bromodichlorométhane, le dibromochlorométhane, la N-nitrosodiméthylamine et le 1,1,2-trichloroéthane; la toxicité pour les poumons du styrène; ainsi que la toxicité de l'acétonitrile et de l'hexane-2,5-dione chez les animaux de laboratoire. Comme elle semble inhiber la métabolisation et l'élimination de l'alcool éthylique, il se peut qu'elle en augmente la toxicité. Selon la concentration utilisée, l'acétone peut soit augmenter, soit diminuer la concentration du dichloro-1,2-benzène.
L'acétone est un sous-produit normal du métabolisme des mammifères; à ce titre, il se retrouve dans presque tous les organes et les tissus ainsi que dans le sang. L'acétone peut pénétrer dans l'organisme par inhalation, ingestion ou contact cutané. Il existe un certain nombre de voies de métabolisation de l'acétone en des composés servant à la fabrication de glucose et d'autres intermédiaires métaboliques par l'organisme, avec production de dioxyde de carbone. L'acétone est excrétée soit telle quelle, soit après métabolisation sous forme de dioxyde de carbone principalement. Elle est excrétée principalement avec l'air expiré et très peu dans l'urine. L'excrétion par la respiration est complète dans les vingt heures qui suivent l'inhalation. La quantité d'acétone intacte excrétée dans l'urine augmente avec la concentration et la durée de l'exposition et avec l'exercice exécuté durant l'exposition.
Dernière mise à jour du document le 18 décembre 1997
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